Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /Juin /2008 11:19
La petite Auberge de Compostelle ...
ou comment dormir sympa et pas cher à Toulouse centre, visiter son site

Par didier
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Samedi 21 juin 2008 6 21 /06 /Juin /2008 11:24

Hello


 

 

I'm walking from Nordkapp to Santiago de Compostelle (Spain).

 

 


About 5000 km

 

1000 km each month.

 

30km everyday, 6 days a week

 

 

 



 

 

 

 


I'm French. I'm married and have 3 children. I'm protestant, from a reformed church.





You know almost everything about me!!

 

 

 

I'm doing that for nothing. It's completely useless, and that's why I like it.

I don't want anything from you. I'm not asking for anything.

 

But could you please offer me hospitality for one night, in a garage or a shed.

 

Yes                                      No

 

If not, do you know someone who could offer me a place to sleep at walking distance?

 

I will leave tomorrow at 8am (except if you think leaving earlier or later would be more convenient).

 

Can I have water please?

 

Thank you,

 

Didier Riquet

Par didier
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Jeudi 26 juin 2008 4 26 /06 /Juin /2008 18:41
  Gracias, muchas gracias ...

 

Nous sommes donc, en plein été, à la forte chaleur, au Nord de l'Espagne. Il fait environ 40°. Pour mon compte, comme je suis un peu lourd (on va dire 95 kg), je souffre d'ampoules. Pendant 15 jours, les hommes comme moi marchent d'une manière inimitable, comme s'ils avançaient avec précaution sur des œufs. Ils se tortillent à petits pas. De plus, ils se retrouvent  « en queue » du groupe. On les attend. C'est franchement désagréable à vivre.

Arrive donc midi - 1 h. On s'arrête. C'est bon de s'arrêter, mais c'est aussi très mauvais car le redémarrage est douloureux.  Alors ?

Eh bien, on s'arrête, on délace ses chaussures, là en lisière d'un champ moissonné, une sorte de haie d'épineux. Vite, ôter ses chaussures. On mange, il faut repartir. Dur, dur, nous revoilà sur le chemin. Celui-là longe la route, toute droite, elle monte. Toute droite jusqu'à l'horizon. A l'horizon justement, des brumes de chaleur. L'air surchauffé danse. Il ne manque que la musique d'Ennio Morricone.

Dans cette brume, parfois une ombre qui s'épaissie, qui finit par crever, et sort alors un de ces camions espagnols magnifique de puissance, de couleur, de beauté et d'intelligence C'est trop me dites vous ? Non, rien je ne retire rien. J'aime les camions espagnols, ils sont magnifiques.

Nous sommes juste à côté, en parallèle de cette route.

Il s'agit d'un chemin agricole, rouge, qui lui aussi monte sur 3 km.

Tiens, qu'est ce donc, au fond dans la brume une ombre en dehors de la route, en dehors ? sur le chemin, défaut de vision ? Non c'est bien sur le chemin.

Qu'est ce que c'est ? Un tracteur. On n'en a pas vu aucun depuis plusieurs jours.

On marche, la brume se précise. Ce n'est pas un camion, ce n'est pas un tracteur. Ce qui est sûr c'est que c'est sur le chemin et non sur la route. Un gros motoculteur avec quelques balles de foin derrière ? Qu'est ce que cela peut être ?

On marche à la rencontre de cette curiosité.

Cela se précise. Un homme qui porte quelque chose ? Mais c'est colossal ! Jamais vu un géant pareil. Non. Non, c'est bien un homme mais il doit porter quelque chose. Il porte    mais son sac est gigantesque. Une énorme claie de portage ?

Et puis, il n'est pas seul.

Mais ma parole, ils avancent à toute vitesse. Incroyable ce qu'ils avancent vite. Ca y'est, je les vois bien. Je ne regarde que le premier personnage.

Un homme, la trentaine, sain, beau et souriant. Il porte un brancard. Sur le brancard un tabernacle, ou une châsse ou encore un autel, je ne sais comment dire, avec une vitre cassée, et une petite vierge bleue en plastique. Le tout donnant une impression de très grande indigence. Allez, ne soyons pas hypocrite, c'est minable de chez minable. Derrière lui, à l'autre bout du brancard, un autre homme, jeune, même âge, lui aussi costaud. Mais il louche et n'est pas beau. Il ne sourit pas non plus.

Derrière, légèrement sur le côté, une femme, sèche, la cinquantaine, tout de noir vêtue. Anguleuse. Elle porte quelque chose dans ses bras. Je ne sais comment, elle veut attirer mon attention Je regarde donc ce qu'elle cache et veut absolument me montrer visiblement. Elle jette un coup d'œil de vérification, sans croiser mon regard bien sûr, et au moment opportun, elle découvre en tirant le châle de sa main disponible ce qu'elle tient dans son bras recourbé: un poupon en celluloïd !

Le tout en une fraction de seconde.

Juste en retrait, et lui, dans l'axe, un garçon de 16/17 ans, comme le premier, beau garçon, de belle stature.

Je suis sur le côté, stupéfait « ha bon ! ha bon ! ha bon !»

Alors, l'adolescent se déroute légèrement vers moi, m'attrape la main, et la serre rapidement mais avec effusion « gracias, muchas gracias ».

Encore plus stupéfait....

Et ils continuent à fond de train.

Une procession

Mais quoi encore, qui, où, de quoi ?

La réponse c'est David qui va nous la donner.

Mais auparavant j'aimerais que nous nous arrêtions un peu, pour bavarder on n'est pas pressé.

Une statue, un poupon une vierge, un Christ enfant, ce sont bien des représentations de choses d'ordre divin, non ? Et qu'en est- il donc du 2ème  commandement « tu ne te feras pas d'images taillées ... ».Les églises catholiques et orthodoxes sont en pleine erreur. Pire c'est une faute. Les églises protestantes en étant « iconoclastes » sont cohérentes, elles. Oui, certes, mais quel ennui que ces donneurs de leçons Sans l'art religieux qu'y aurait-il donc ? Pratiquement tout ce qui nous est présenté aujourd'hui est d'essence religieuse. Et il me semble, j’en suis certain que la beauté et d'ordre divin, une action de grâce. Enfin, finalement quand je l'écrit il me prend un doute. Bon on va simplifier : que chacun se fasse son opinion.(Au fait, je suis moi-même protestant ... et très critique vis à vis de mon église).

Dernière digression sur le sujet, quel est le contraire de l'iconoclaste ? Bon revenons à notre histoire et à David plus précisément.

David est un Canadien de 28 ans. Fragile et sympathique.

Ce jour là, il s'est trompé et s'est perdu. Il s'est évanoui (à cause de la chaleur) dans les vignes. Quand il a repris ses esprits, il a vu au loin les camions qui passaient sur la route. En traversant les vignes, il a donc retrouvé notre chemin. Il avait perdu du temps et se retrouvait seul .11 s'arrête pour se rassurer quand il pense avoir récupéré le bon chemin. A ce moment, il voit passer notre étrange procession. « Où suis-je, où vais-je, dans quel état j'erre ?? » éperdu, il se demande où il est S'il ne s'agissait que d'un simple évanouissement, ne devait-il pas aller consulter tout de suite ?

Mais il a réussi à obtenir l'information.

Lourdes (prononcer Lourdés) émue par son accident, lui prête son chapeau de cuir style « crocodile Dundee ».

Mais Marianne la charmante hollandaise a perturbé la belle relation que Lourdes avait imaginée.

Ah, oui, j'oubliais. Vous souhaitez connaître le fin mot de cette histoire sans doute ?

Il s'agissait de Brésiliens descendus à Lisbonne. Ils s'étaient rendus à Fatima puis à Santiago. Nous les avons rencontrés alors qu'ils faisaient un crochet par Lourdes, avant d'aller prier à Rome !

Qui dit mieux ?


« Gracias, muchas gracias amigos »

 

Mis amigos

 

 

psssssssssttt !!!! : Iconodule....                                                                                                                                 D.R.

 

Par didier - Publié dans : Histoire d'avant le Cap Nord
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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 19:55

Tiens, pour toi, voila une petite histoire:

En sortant, avec les pires difficultés de Trondheim, en raison du défaut récurrent de signalisation, je me retrouve dans un tunnel de + de 3 km. J' essaie de faire du stop, cela ne marche pas et puis je n'aime pas trop cela.Des tunnels, j'en ai fait d' autres, on y va.
Mais " sur " celui-là, assez vite, je ne me sens pas tranquille. D' ailleurs je me fais klaxonner, ce qui n'était jamais arrivé jusqu'alors. Obligé d'aller jusqu'au bout. Je ne suis pas tranquille, mais enfin je touche au but, plus que 100 mètres. Et, quoi ? Oh non, une voiture de police. Elle allume ses si jolies lumières et s' arrête devant moi. Du bras je proteste en montrant la sortie, juste là. Ils ne veulent pas rire et d'autorité, rapidement, enfourne le paquetage et le bonhomme dans leur engin. Pourvu, qu'en plus ils ne me mettent pas de p.v. Alors je change de registre et je deviens charmant. Je me lance sur des compliments sur la Norvège, que je connais bien d' ailleurs pusque je viens du Cap-Nord. Cela se détend dans la voiture. Nous voilà à mon point de départ. Ils me proposent de me mettre sur l' ancienne route ou il n'y a pas de tunnel.Bon oui, d'accord. Ils me proposent ensuite,si je le veux bien, de se détourner pour me " rendre  " les 5 km qu' ils m' ont fait perdre: Ca va, ils ont compris et ils ne vont pas me verbaliser maintenant quand même !

Non, et on se quitte les meilleurs amis du monde.

La route est belle. agréable, pas très passante.

En face de moi, du même côté, une vielle dame en rose, souriante: D' habitude les gens qui se croisent ne disent rien même pas bonjour. Mais la vielle dame , elle est d' humeur bavarde, et elle me parle en norvégien on s'en serait douté. Je m' excuse: je suis Francais.

Francais vraiment ?

Bon, il lui en faut un peu plus.

Je suis Francais, et je viens du Cap-Nord à pied !

A pied ? Il lui en faut de plus en plus,d' òu je viens, où vais- je, Toulouse, c'est oò, pourquoi,....

Alors que je signifie que je dois continuer. elle me dit alors, tiens toi bien, et toi qui me traite usuelelment de fou, tu ne le croiras pas bien sûr, est-ce que ca vaut vraiment la peine que je dise des choses pareilles, ne vas-tu pas te moquer en disant  2 fous en présence ?
Bon, alors tu veux savoir ce qu' elle m'a dit, cette charmante vielle dame ?  
 " JE VOUS AIME POUR CE QUE VOUS FAITES ".
Alors ?

Hein, alors ?



Allez à la prochaine


Par didier - Publié dans : Histoire "live" de Didier
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Lundi 29 septembre 2008 1 29 /09 /Sep /2008 20:02

Hier, Dimanche, je voulais assister au culte dans une église " bois debout "  et, j'ai du mal lire le panneau affiché à la porte car de culte point.
Aussi sec, je décide de m’en aller, cela pèle, le bus est à 16h15. C’est bien le diable si je ne suis pas pris en stop. La tente, heureusement c'est assez rare, a pris un peu d’eau et j’en profite pour faire sécher les papiers humides.
Le temps passe et j’apprécie de moins en moins mon attente. Et puis il fait vraiment froid.
Enfin une voiture s'arrête: ils vont à Stryn eux aussi. Dans ce cas, je suis vraiment content et je le montre. Pour le peu que j’en ai vu, puisqu' on en parle, aucune règle ne se dégage pour le stop.
Un jeune couple. Elle est amoureuse de lui. Lui, est moins sympa quelle. On fait, dans les belles lignes droites, s’il n' y a personne bien sûr, jusqu' à 86 à l’heure ! Je le sais je regardais. Autrement, la plupart du temps, on survolait la route à 52-56 à l'heure. Dans ces conditions on n'a mis que 2 heures pour faire la route qui m’avait été conseillée. La dite route pleine de tunnels dont le premier, en tout cas  (4 km) n’avait pas de trottoir et se serait avérée difficile pour moi.
On bavarde, et à un moment. elle se retourne vivement vers moi, et me demande: " ce n' est pas de vous dont les journaux ont parlé ?" Euh euh, oui, peut-être...
Ils répondent à l’invitation que leur a adressé son père à elle, qui habite sur la côte. Ils vont pécher pendant 2 jours. (400 bornes fois 2 à 55 de moyenne, ils ne vont pas attraper beaucoup de poisson ! )
Mais c’est là, et je comprends maintenant, c’est justement là, quoi ?  Je l’ai déjà dit, ne m’interromps pas sans arrêt, que j' avais rencontré un journaliste qui m' avait dit plein de choses aimables auxquelles je n' avais rien compris mais je lui avais répondu avec une modestie souriante et aussi  un soupçon de gravité, pour ne pas dévaloriser, tu comprends.
Donc l’article a effectivement été publié.
Dans une voiture, 2 semaines après, à 300 km de là ! OUAAAA !
A te lire,   

Par didier - Publié dans : Histoire "live" de Didier
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Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 12:41

Salut Gilles,

Il m'en aura fallu du temps pour arriver à te joindre par internet. Ici l’ordinateur refusait mon mot de passe ! 

J’ai hâte de voir si la connexion se fait bien.

Bon, par quoi commencer ? Te remercier de ton soutien amical.

Pour ce qui concerne mon voyage: au départ j'étais mort de trouille. Rien ne me semblait plus stupide ou insensé que ce pari. Après avoir vu la route sur 3oo km (du bus) je me suis dit que mon projet n' était pas fou mais c... et dangereux. Je ne craignais certainement pas le ridicule d'une volte face. Je me suis donné 2 jours "pour voir ". S’il n'y avait pas de problème majeur, je continuais pendant 5 autres jours. Cela fonctionnait ? Eh bien j’allais jusqu' à Alta, l'aéroport d'ou j'étais arrivé. Finalement, tout s'est à peu près passé convenablement. A Alta je me suis arrêté une semaine, notamment pour des problèmes de santé (pieds, chevilles, mains...et dents)


Sais-tu ce que signifie " claquer des dents " ? Une nuit je me suis réveillé, car mes dents ou plutôt mes mâchoires venaient de s'entrechoquer avec une grande violence. Le matin je n' y pensais plus, mais en me brossant les dents, surprise, deux d’entre elles étaient cassées, et bien cassées. Dans la journée l’une d’elle est tombée. N’exagérons pas, seulement la moitié.
Je connais à présent le système de santé norvégien et je peux en parler.

 

La bibliothèque va fermer, je te quitte.

Bises à tout le monde.

DIDIER

Par didier - Publié dans : Histoire "live" de Didier
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Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 12:45

Question: Who are you?
My name is Didier Riquet. I'm French and I live in Toulouse, in southwestern France. I’m 62, I have a wife and three children, I practice the reformed faith
Where are you coming from?
I have arrived from the
Northern Cape on foot (Northwest Kappa)
Only walking?
Yes. I had to hitchhike sometimes when I didn’t have enough to eat, or another constraint. I also had to take the bus when it was clearly impossible to walk on the roadside. That’s what happened in Tromsø, twice I walked about fifty meters only to come back hobbling in the ditch alongside the road!

 

Have you had any health problems?
Do you mean with my feet? Yes, of course. Before leaving, I walked a little, 1 to 2 hours a day. But it’s not the same thing to walk for 6 to 8 hours with a 18 to 23 kg bag on your back. I was forced to stop in Alta (250 kms south of the
Northern Cape) for a week. I had blisters, as you can easily imagine, and my big toe nails fell off, all this coupled with an ankle that had doubled in volume. The pain went all the way up to my knee. The ankle is still sensitive and sometimes makes me hobble slightly. What style!

 

Why are you alone?
Why not? If I was with someone else, I would have other constraints. I’d have to get along with other person, maybe stop twice as often, when you are exhausted sometimes it’s harder to get along with another person .... And then with whom?
I had thought of doing this with a pet. My ideas ranged from a hamster to a large dog and a small hen I tamed.
In the end I think it is easier to not have an animal along.
I know this isn’t your question but I would like to add that if I could start it all over, I wouldn’t mind being with a group.

 

Have you suffered from loneliness?
No, I don’t think so, it’s kind of funny though because I’m a natural extrovert. I should add though that I have been bored a bit.

How many kilometers do you walk a day?
In the begininng I walked 20 kms per day for 2 weeks, then 25 kms the next two weeks, then finally 30. Now I must be around 35-37 kms. I peaked twice at around 43 -45 kms, but that is too much for me. On the other hand, for various reasons I had many days around 30 kms.
Nothing is simple: my legs and my feet are in shape now, but the days are too short to walk 8 hours daily. At
noon I usually stop longer, for 2 to 3 hours with a nap and almost always have to empty the pack to let it dry. Then I have to put everything back in the bag and it’s never easy.
To walk 8 hours, I must get up at
6:30 am, leave at 8 and stop at 12.30pm (the 30 minutes take care of the pauses). I then take off again at 14:30 or 15:00 and go until 19 or 19.30, again to compensate for the stops. Then, with or without the pack, I have to find a place to spend the night. This has sometimes taken more than one hour. Sometimes that’s a little stressful.

 

 

You carry your tent and your cooking equipment?
Yes. And especially food. When I go shopping for food, there may be as much as 5 kgs added to the weight, including the liquids .My pack must be between 18 and 25 kgs I think. I have heard of a young German who walked 35 kms a day with a pack weighing 35 kgs. Our itineraries are only a few days apart, that’s too bad because I would have liked to meet him.
My pack, in any case, was heavy enough to cause me to fall several times! Sometimes it’s hard to pick the thing up and start off again especially when you are on a mountain road!

 

Are there other paths to take than following the roads?
No, and if you are Norwegian you know that.
Another question: why did I follow the coast? At Alta I hesitated a lot between Norway and Finland. Opinions were divided. Those who had crossed
Finland didn’t recommend this route and vice versa. Taking the western route is much longer, but probably more beautiful.

Was there any danger?
Yes. 2 times the same day, I came close to death. A garbage truck took its turn poorly, glazed the guardrail right in front of me. It was very close to me and then in the afternoon, a station wagon had trouble passing a car and it came within 20 cms of me.
You should know that almost everytime you turn around, check the road or whatever, you have to readjust the bag on your back...
A camping car came very close to hitting me too.
I should note also the cyclists traveling at high speeds on sidewalks: they can be very dangerous and even fatal.
The first 2 cases I mentionned occurred when I was walking on the left side of the road.
Why don’t you always walk on the left side?
This seems to me inappropriate, it depends on the local conditions.You have to be on the right side at the right time. For example, you shouldn’t be on the right side at sunset or the other side at sunrise, and always be careful in the curves. Theoretically, the car climbing has the right of way, and if that is the case, I advise you to walk on the other side.
Overall, I had to do 2 / 3 of the route on the right side.

 

Are you satisfied with your trip?
Yes, but it was never simply tourism. It has been, and remains, very tiring.
What do you remember about
Norway?
The scenery of course!
I also remember a certain calmness in the people who seem to have a more responsible education than in
France.
How so?
In
France, we live in a culture where everything is taken care of, where you hear the word “RIGHTS” more than “DUTIES”.
You hear the words "zero risk" everywhere. I think we’re getting away from the reality of things.
It seems to me that here you are healthier. Everyone takes care of him/herself which in no way excludes solidarity.

An annecdote?
There could be many of course.
One night near a beautiful lake, I set my tent up for the night. I had been asleep around 2-3 hours when I was suddenly awakened by a big blow given to the tent, and then, as if that was not enough, I heard some loud diving noises nearby. I understood that it was birds. I went back to sleep and in the early morning, wearing my only boxer shorts as I got ready to shave, I saw three puffins, side by side, on an old pontoon. They were wearing their black clothes with their red noses and giving me a reproachful look. I was going to explain to them that I was the one who wasn’t happy and I saw in their eyes some concern. Immediately, I forgave them. Could you tell them that because I did not have time, they flew off too quickly.

 

 

 

Does your journey have a religious character?
Yes, certainly.

Is that the main reason?
I wanted to be the first to complete the hike to Compostela from the Northern Cape.
Santiago de Compostela lies in the northwest of
Spain. It is a famous pilgrimage, but you do not know it here.
Is there a quest through this pilgrimage?
The search for the Grail?
No, I don’t think so. I don 't see any really.
I have had a number of recent and sudden health problems and thought this might be a peaceful way to leave this world, to say goodbye.
Maybe.

 

 

Translated by Gregg Ellis

Par didier - Publié dans : Histoire "live" de Didier
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Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 15:03
Question: Qui êtes vous ?
Je m'appelle Didier RIQUET, je suis Français, j'habite à Toulouse, dans le sud de la France, j' ai 62 ans, J'ai une femme et trois enfants, je suis de confession réformée et pratiquant.
D' où venez vous ?
Je viens du Cap-Nord à pied ( Nord-kapp )
Toujours à pied ?
Oui. Cependant j'ai parfois fait du stop lorsque je n'avais plus assez à manger, ou pour quelque autre contrainte. J'ai également du prendre le bus lorsqu' il était manifestement impossible de circuler à pied, sur le bord de la route. Il en a été ainsi notamment, à Tromsø, ou a 2 reprises j'ai fait une cinquantaine de mètres... pour revenir en marchant dans le fossé !
Avez vous eu des problèmes de santé ?
Pour ce qui concerne les pieds voulez vous dire ? Oui, bien sûr. Avant de partir, je marchais un petit peu, 1 à 2 heures par jour. Mais c'est quand même tout autre chose que de marcher pendant 6 ou 8 heures avec un sac de18 à 23 kg. J'ai été obligé de m'arrêter à Alta (250 km. au sud du Cap-Nord ) pendant une semaine. J'avais des ampoules, on s'en serait douté, les ongles des gros orteils qui tombaient, et une cheville qui avait doublé de volume. La dite cheville remontait jusqu' au genou. Cette cheville est encore sensible parfois et m'oblige à avancer en claudiquant légèrement. C'est tellement plus classe !
Pourquoi êtes vous seul ?
Pourquoi pas ? Etre 2, ce sont aussi des contraintes. Il faut composer, s'arrêter 2 fois plus souvent, la fatigue rend la cohabitation plus difficile....Et puis avec qui ?
J'avais pensé me faire accompagné par ailleurs d'un animal de compagnie. Cela allait de l' hamster au gros chien, en passant par une petite poule que j'avais apprivoisée.
A l'usage, je crois qu'il a été heureux et tellement plus simple de n'avoir fait suivre aucun animal.
Ce n'est pas à l'ordre du jour, mais pour être complet dans ma réponse, cela ne me déplairait pas de recommencer avec un groupe.
Avez vous souffert de solitude ?
Non, je ne crois pas, alors que je suis d'un naturel extraverti. Par contre ce n'est pas exactement votre question mais on n'en est pas loin, je me suis ennuyé assez souvent.
Combien de km faites vous par jour ?
Au début, je me suis limité à 20 km par jour, pendant 2 semaines, Puis 25 km, même laps de temps, puis 30 enfin à présent je dois être, autour de 35-37 km .J' ai eu 2 pointes à 43-45 km, mais, chacun sa force, pour moi, c' était trop. Par contre, pour des raisons diverses j' ai eu de nombreuses journées autour de 30 km.
Rien n'est simple: mes jambes et mes pieds sont faits à présent, mais les jours sont trop courts pour marcher "utilement " 8 heures quotidiennes. Car à midi j'ai organisé une halte plus longue de 2 à 3  heures avec sieste parfois, et presque toujours la nécessité de ressortir du sac et la remonter pour la faire sécher. Or, c'est elle qui " commande " le sac. Il faut donc tout ressortir, pour ensuite tout rentrer et ce n'est jamais simple.
Pour faire 8 heures, il faut se lever à 6h30, partir à 8, s'arrêter à12h30, (les 30 minutes servent à compenser les arrêts) repartir à 14h30 ou 15 h jusqu' à 19h ou 19h30, toujours pour  compenser les arrêts. Ensuite, il reste, avec ou sans le sac à trouver l'emplacement pour la nuit. Cela a parfois pris du temps. Disons plus d'une heure. Dans ce cas c'est très éprouvant.
Vous portez votre tente et votre réchaud ?
Oui. Et les vivres surtout. Quand je refais " mon  marché ", il peut y avoir un surpoids de 5 kg avec les liquides. Mon sac doit faire entre 18 et 25 kg je pense. J'ai entendu parler d'un jeune allemand qui faisait des étapes de 35 km avec un sac de 35 kg. Nos routes se sont croisées à quelques jours prés. Dommage, j'aurais bien aimé le rencontrer.
Mon sac en tout cas, a été suffisamment lourd pour me renverser à plusieurs reprises ! Attention quand on reprend son souffle le sac reposant sur le parapet d'une route de montagne !
N' y avait-il pas d'autres chemins possibles que la route ?
Non, et si vous êtes Norvégiens vous le savez.
Question subsidiaire, pourquoi être passer par la côte ? A Alta j'ai beaucoup hésité entre la Norvège et la Finlande. Les avis étaient partagés. Ceux qui avaient " faits " la Finlande me déconseillaient cet itinéraire et inversement. Par l'ouest, c'est beaucoup plus long, mais probablement plus beau.
Y avait-il du danger ?
Oui. A 2 reprises le même jour, j'ai frôlé la mort. Un camion poubelle qui a mal pris son virage, il allait très vite et a touché le rail de sécurité juste devant moi. Il s'en est fallu de très, très peu, et puis l'après-midi, un break qui a mal organisé son dépassement et m'a frôlé à une vingtaine de cm.
Il faut savoir, que toujours ou quasiment on fait des écarts sensibles, quand on se retourne, pour réajuster le sac, car la route nous y oblige, etc...
Un camping-car aussi m'a frôlé sans nécessité.
Pour être complet il faut rajouter les cyclistes qui circulent à vive allure sur les trottoirs. Je suis certain qu' ils peuvent être très dangereux et même mortels.
Pour les 2 premières fois dont je vous ai parlé, je circulais sur le côté gauche.
Pourquoi, vous ne circuliez pas toujours sur le côté gauche ?
Non et tant s'en faut. Cette règle me semble mal venue. Il faut se trouver du bon côté au bon moment. Ne pas circuler p. ex. sur le côté droit lors du couchant, ou de l' autre côté au soleil levant, attention ou vous êtes dans les virages, dans les côtes également. Théoriquement, c' est le véhicule qui monte qui a la priorité. Oui, eh bien, moi je vous conseille l'autre côté.
En bref, j' ai du faire  les 2/3 de la route sur le côté droit.
Etes vous satisfait de votre voyage ?
Oui, mais cela n'a jamais été du tourisme. Cela a été et cela reste très fatiguant.
Que retenez vous de la Norvège ?
Les paysages bien sûr !
Je retiendrai aussi, une certaine tranquillité de la population et son éducation plus responsable qu'en France.
Comment cela ?
En France, on est dans une culture où tout est pris en charge, ou l'on entend plus le mot de DROITS que celui de DEVOIRS.
Partout il est fait référence au "risque zéro". On s'éloigne de la réalité des choses.
Il me semble que chez vous c'est plus sain: A chacun de faire attention et de se prendre en charge. Ce qui n'exclut en aucune façon la solidarité.
Une anecdote ?
Il pourrait y en avoir de nombreuses bien sûr.
Une nuit près d'un lac superbe, je m'installe pour la nuit. Alors que je dormais vers les 2-3 heures, j' ai brutalement été réveillé par un grand coup donné à la tente, puis comme cela ne suffisait pas par un plongeon bruyant à proximité immédiate. J'ai compris qu' il s' agissait d' oiseaux. Je me rendors, et au petit matin, en caleçon quand je veux me raser, en face de moi sur le ponton en ruine, à son extrémité, trois macareux, côte à côte, jointifs, dans leur habits noirs avec leurs nez rouges qui me regardent avec reproche. J'allais leur expliquer que c'était à moi de ne pas être content, quand j'ai vu dans leurs regards une certaine inquiétude. Immédiatement, je leur ai pardonné. Pouvez vous le leur dire , car je n'en ai pas eu le temps, ils sont partis avec une pirouette en arrière.
Votre voyage a-t-il un caractère religieux ?
Oui, sans doute.
Est-ce la raison ?
Je voulais être le premier à faire le Chemin de Compostelle depuis le Cap-Nord.
Compostelle, se trouve au Nord-ouest de l'Espagne. C'est un pèlerinage fameux, mais vous ne le connaissez pas ici.
Y a t-il une quête à travers ce pèlerinage ?
La recherche du Graal ?
Non, je ne le crois pas. Je n'en vois pas.
Je pensais mourir rapidement pour de nombreux problèmes de santé survenus subitement et récemment. Une façon paisible de quitter ce monde, lui dire au revoir. Peut-être.

                                                                                             DIDIER RIQUET
Par didier - Publié dans : Histoire "live" de Didier
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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 18:45

Sait-on jamais il y aura peut-être un deuxième morceau ?

Ne pas forcer, me dis- tu, oui, j'ai essayé d'être prudent en tout, sur tout. Je considère que c'est une réussite de n'avoir jamais rien renversé dans mon sac,ne pas avoir fait fondre ou percer le plastique, très fin de la tente... et ne pas m'être fait renverser par une voiture ou ...une bicyclette. Ils sont en effet exaspérants à te frôler a grande vitesse.

Bon, une suite ?

Donc, au départ j'étais mort de peur, avant même l'avion, avant le bus, avant le départ à pied.
Le cap-nord, tout le monde le dit, c'est moche, rien à voir, circulez. Je pense que le spectacle c'est de la mer, car il y a une sacrée falaise tout de même.


Ce jour là, c'est du crachin dehors, et dedans, une cohue où se montrent de beaux vieux messieurs très élégants, tout de blanc vêtus une coupe de champagne à la main. Ils s'expriment très fort, rient bruyamment. Je ne sais même pas distinguer les serveurs des clients. Cela ne m'intéresse vraiment pas.
De toutes façons ce n'est pas cette nuit que le soleil va se montrer. Je ne l'ai d'ailleurs jamais vu !
Je cherche un coin pour la tente. Un parking de 2 ha couvert par 1/4 de camping-cars, mais aucune tente et comme on n'y voit pas grand-chose... rien. Je suis tout seul avec ma tente, et des cailloux partout. Des camping-car, oui, certes, mais des tentes, aucune.
Une sorte de chalet de montagne, assez récent, aux vitres brisées semble à l'abandon. Il a une grande terrasse à demi couverte par un débord de toiture. J'en fais le tour, allez, c'est pour moi.
Après m'être installé, bizarre, on parle derrière le mur. Je tends l'oreille, zut, la maison est occupée. Tant pis maintenant je reste. Je vais faire pipi et lorsque je veux revenir, un homme est en train de regarder la tente et me cherche, tout à l'entour. Comment on devient, hein ? Je modifie ma trajectoire, et me dirige avec assurance, ailleurs. Il s'en va. Moi, je reviens, et me couche tout habillé. On est entre 5 et 0 degré.
Je les entends faire des « chut » et baisser la voix. Impression de me trouver à égalité.
Au matin, je suis pris à partie par 2 Belges visiblement éméchés. Je les sent agressifs, cherchant querelle. Je me fais tout doux, tout conciliant, souriant, je m'avance vers eux et je leur dis que je veux rentrer à pied chez moi. Un peu saouls mais pas complètement. J'ai beau mettre des tas de réserves, c'est parti, ils m'admirent et me le disent. Ils en sont sûrs, j'irai au but.


Cela me rappel Jean-Paul, qui, alors que je passais à bicyclette, devant chez eux,me manifestait toute sa sympathie alors que j' avais fait 18 km sur 1200. Pour lui, des le premier coup de pédale, on était obligé d'aller au but.
Enfin, je ne suis pas mécontent de moi. J'ai réussi à écarter l'importun hier soir, enfin, le propriétaire quoi, et ce matin je retourne une situation qui pouvait dégénérer. Allons cela ne commence pas trop mal.


Première journée, éreinté, je m'arrête au-dessus d' un fjord, le premier, profond, noir et mince comme une lame de couteau.
Bon, d'accord, toute proportion gardée.
Comme il me manque de l'eau je vais en demander au seul camping-car à proximité. On échange deux mots, et je lui dit que je suis peut-être fou. Aussi sec, sans attendre, il me répond que non, certainement pas, chacun est libre de choisir ses vacances comme il le veut !

Merci monsieur l'Italien !


Deuxième jour : des rennes, un peu partout, immobiles pour tout ce qui bouge, sauf pour les piétons. Là, c'est la fuite à tous les coups. Particulière, leur course d' ailleurs. Ils ont des sabots disproportionnés, alors ce n'est pas du galop, ni du trot, peut-être une sorte d'amble au ralenti.

Deuxième journée réussie, pari tenu malgré les glissières de sécurité défoncées un peu partout, je n'ai eu peur à aucun moment.

L'autre étape à présent c'est 5 jours de marche. Panneau, 96 km, 5 jours de ravitaillement. Je suis chargé comme un baudet. Pour soulager mes pieds et éviter les ampoules, l'après midi je chausse des nu-pieds. J'ai quand même eu des ampoules mais cela n'a jamais été un réel problème.
Au petit matin du troisième jour, je vois une harde assez importante de rennes à 50 mètres. Je tombe le sac, prends l'appareil photo et fonce me poster derrière un hangar à bateau. J'aurai mon renne, le plus beau, à 5 mètres au plus.
Eh bien, non ! Je me suis entravé le pied dans un fil de fer caché dans l'herbe. Le nez dans la mousse. Mais rudement mal au coup de pied. Je boitillerai jusqu'à Alta 200 km plus loin, et encore à présent  2000 km de plus il m'arrive de boitiller encore.
Le fait de s'arrêter de marcher peut-être, ou le loisir de s' examiner, mon  « pied » gauche est enflé jusqu'au genou à Alta.


Et puis, j'ai d'autres soucis....


SUITE AU PROCHAIN NUMÉRO

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Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /Nov /2008 10:19

Je suis toujours à Stryn, demain je vais sur Bergen. Ensuite ce sera le Danemark. J'ai vu une carte et cela me semble beaucoup plus facile. Reste à savoir comment dormir.

On disait donc que j'avais d'autres soucis. Oui, mais j'ai oublié de parler des tunnels.
Dans le bus, à l'aller, 2 tunnels m'avaient fait penser que ce n'était pas réalisable. En Espagne, j'avais failli être asphyxié en empruntant, à bicyclette pourtant, un tunnel de 4 ou 500 m.

Me voici donc avec mon barda devant le premier des deux. Le hasard a bien fait les choses parce que c'est le plus court. 3,5 km. J'essaye de faire du stop pendant 5 min, et hop, c'est parti. Un mouchoir dans la main, pres à me le mettre en tampon sur le nez, j'avance d'un bon pas. Presque une heure, et surprise me voilà de l'autre côté. Là franchement, je suis content et fier. Je commence à y croire à mon histoire. D' autant plus que, à aucun moment je n'ai été incommodé par les gaz des voitures.
Quelques heures plus tard, rebelote, mais celui-ci est adulte: 7 km. Je n'aurai jamais osé si je n'avais assez facilement réussi à passer le premier.
Re-stop, et une fois encore... nada. Allez on y va. S'il m'arrive quelque chose je me mettrai les bras écartés au milieu de la route. Il y a un péage, et les gabelous me laissent passer. Je suis surpris mais c'est ainsi. Bon, là aussi, j' y suis arrivé. J' y ai rencontré quelques cyclistes d'ailleurs. Etonnement et salutations respectueuses réciproque.
C'était un petit tour de force et cela m'a drôlement donné confiance en moi.

Donc, il me semblait avoir épuisé mes vivres, et le lendemain Dimanche tout serait fermé. Cela me semblait carrément dramatique. La petite ville à mi-chemin n'apparaissait toujours pas. Je ne savais pas où j'étais par rapport à elle. En fait, à 7 km. Mais 7 km en fin de journée c'est beaucoup, et puis je ne le savais pas.
En faisant très attention, en traversant une étendue herbeuse (effectivement j' y trouve plein de ferrailles abandonnées. Partout d' ailleurs, on refait une clôture, pas de problème on en laisse au moins la moitié, il s'agit d'un pont ? Qu'importe on retrouve les poutrelles d'acier déposées à côté du pont neuf, etc... Notre frère en serait tout excité. J'en ai trouvé dans les endroits les plus insolites. En France en marchant, il faut être vigilant sur les trottoirs, n'est-ce pas ? En Norvège c'est partout que on laisse traîner de la ferraille, même sur les trottoirs précisément !
Cela heurte, car cela ne correspond pas à l'image que l'on a des pays nordiques. Les Norvégiens n'ont rien à voir avec les allemands même si leur langue a beaucoup de similitude.
Je monte donc la tente rapidement lance le sac dedans et fonce sur la route pour y faire du stop. Là, je ne rigole plus. La 3ième s'arrête, j' exprime mon problème au chauffeur, qui comprend très bien. A ce propos on peut traverser un pays de 3000 km de long avec quoi 50, 100 mots et arriver à se faire comprendre. Car le français, les amis est, je le crains, une langue morte.
Nous partons pour le camping proche. Avec un hôtel et une dizaine de maisons fermées c'est là la ville marquée, même sur la carte Michelin d' Europe au 400 000ième !. Mon nouveau copain me déconseille d'attendre l'ouverture, il a raison je le verrai dès le lendemain, et me propose de me déposer à la ville suivante: 46 km je crois. Je suis tellement dans mes préoccupations que je n' y fais même pas attention. Petit à petit je prends conscience que quelque chose ne tourne pas rond. Comment je vais faire pour revenir ? Il ne sait pas mais il doit y avoir des bus. Il pense que même le dimanche, il y en aura bien un ! Nous voilà arrivé.


Même remarque que plus haut, mais là le camping est nettement plus vaste et moderne. Mais ils ne vendent rien. Quelques confiseries. Je me présente à la caisse avec une minuscule tablette de chocolat. Le prix s'affiche, je m'excuse et vais reposer ce gadget à sa place. La vendeuse, très professionnelle pourtant, ne peut s'empêcher de sourire. Mais pendant ce temps Årne m'a commandé des frites avec des saucisses. Je fais semblant de vouloir payer et me range tout de suite à ses raisons. Si pour une minuscule tablette de chocolat.....
J'avais faim, c'est vrai, mais pas au point de perdre mon jugement. Leurs frites sont meilleures que les nôtres. Et pendant que je mange mon hôte me laisse seul et m' attend dehors avec son chien. Quand je le rejoins, il s'est renseigné, il y a bien un bus
et me présente la personne qui m'en dira plus.
C'est du sans faute. Je lui tomberais dans les bras.

3 heures d'attente. Je m'en fiche, le temps n'a pas la même valeur d'ailleurs.
Bon, avec mes emplettes me voici de retour à la tente, vivant. Je surmonte décidément tous les obstacles. La confiance en moi se renforce, j'envisage sérieusement d'afficher ma coquille saint Jacques. Je me couche vers les minuit et me relève d'un bond tellement j'ai chaud dans mon duvet et ce soleil en plein dans les yeux...il est 3 heures du matin !

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